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Les résidus de pesticides dans les aliments : danger pour la santé ?

Résidus de pesticides dans les aliments

Ces dernières années, la polémique sur la présence de pesticides dans nos aliments enfle de façon régulière et participe à la croissance du « bio ». Les pesticides sont des produits phytosanitaires ou pharmaceutiques qui sont utilisés pour protéger les cultures de différents parasites ou maladies (champignons, insectes divers, rongeurs..). Ces produits contiennent une ou plusieurs substances actives (soit de synthèse, soit naturelles comme des bactéries ou des virus) qui leur permettent de remplir leur fonction et d’être efficaces. Les résidus retrouvés parfois dans l’alimentation sont les reliquats de ces substances actives ainsi que les résidus de leur dégradation. Le plus souvent, les doses retrouvées sont infimes mais, ajoutées à d’autres doses infimes, le problème de dangerosité n’est pas exclu..

Encadrement législatif

L’utilisation de ces substances actives est très encadrée par les agences sanitaires au niveau national (ANSES pour la France et EFSA au niveau européen) ; chaque substance est soumise à une évaluation scientifique et doit être approuvée par la commission européenne. Les pays membres évaluent et autorisent les produits avant leur mise sur le marché.

Risques pour la santé

Les produits phytosanitaires, comme les médicaments, sont soumis à des AMM, autorisations de mise sur le marché pour évaluer les risques et les dangers de ces traitements chimiques pour l’opérateur (le paysan qui les utilise), pour le consommateur  qui à la fin du cycle mange le produit et pour l’environnement. De même, on va contrôler l’efficacité biologique du produit et l’absence d’effets néfastes pour la plante qui est traitée. L’AMM doit préciser pour quel usage le produit est utilisé, les doses à utiliser, les périodes d’utilisation, les fréquences de traitement, les mesures de protection de l’utilisateur, les délais à respecter avant récolte etc.. Le tout est extrêmement encadré, à une époque où on souhaite s’approcher du risque zéro. Quand une AMM est délivrée, c’est en général pour une durée limitée à 10 ans maximum. Cette AMM peut être renouvelée et le délai de 10 ans peut être écourté en cas de doute sur un produit, en fonction de nouvelles données scientifiques.

La polémique actuelle sur le glyphosate (herbicide le plus utilisé en Europe) et le principe de précaution remplit les journaux avec l’absence de décisions claires face à des lobbies déterminés : les fabricants et producteurs de pesticides, les agriculteurs et céréaliers, les ONG qui prétendent représenter l’opinion publique mais qui parfois représentent l’hostilité contre l’industrie et la science. Pour complique le tout, dans le cas du glyphosate, le centre international de recherche sur le cancer, organe de l’OMS, l’a classé « cancérogène probable » en 2015, contrairement aux agences européennes ! Tout n’est pas blanc ou noir !

Pour limiter les risques pour la santé, il est nécessaire de respecter les bonnes pratiques de l’agriculture et les limites maximales résiduelles fixées par les règlements (LMR). Ces LMR légalement admises sont élaborées et fixées pour chaque substance. Elles sont établies en se basant sur le plus bas niveau nécessaire pour protéger efficacement les végétaux tout en garantissant au consommateur l’exposition la plus faible possible, sur la base des DJA (dose journalière admissible). La DJA est la quantité qui peut être quotidiennement ingérée pendant toute une vie sans effet néfaste pour la santé !

Les contrôles

La répression des fraudes (DGCCRF) organise chaque année des plans de surveillance et des contrôles ciblés pour s’assurer du respect par les agriculteurs des LMR. Le programme de surveillance européen analyse chaque année plus de 75000 échantillons alimentaires afin d’y détecter la présence éventuelle de plus de 600 pesticides différents ! Le taux de non-conformité lors de contrôles a beaucoup diminué en l’espace de 4 ans. Au niveau européen, l’ensemble des contrôles montrait que 97% des échantillons analysés se situaient dans les limites légales et 53% des contrôles ne contenaient de résidus de pesticides. Les choses progressent..En France, le plan Ecophyto vise d’ici 2025, une diminution de 50% de l’emploi de pesticides et la prise de conscience progresse dans la population.

La consommation de végétaux

Nous autres, diététiciens et professionnels de santé, combattons pour augmenter la consommation de légumes, de fruits, de légumineuses, de céréales complètes, consommation moyenne qui est encore insuffisante. L’ANSES, agence française de sécurité sanitaire des aliments, estime que les bénéfices nutritionnels apportés par ces aliments sont supérieurs aux risques qui pourraient être liés à la présence de résidus de pesticides, notamment dans la prévention des risques de maladies chroniques comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité, certains cancers notamment celui du colon.

L’agence préconise de consommer 2 fruits par jour et d’augmenter consommation de légumes, de légumineuses et céréales complètes

Règles de base avant de consommer légumes et fruits

  • Laver et brosser les légumes et les fruits fait disparaître les résidus de pesticides. Le fait d’éplucher un fruit permet aussi d’éviter d’ingérer un produit chimique résiduel. Eviter de manger la peau d’un fruit sans l’avoir préalablement lavé.
  • La cuisson du légume permet aussi l’élimination d’un risque éventuel.
  • Privilégier les produits bio quand cela est possible!

Sources:

  • www.observatoire-pesticides.fr
  • évaluation des substances actives entrant dans la composition des produits. www.anses.fr
  • www.nutripro.nestle.fr/pesticides
  • www.efsa.europa.eu/ pesticides
  • DGCCRF 2017 contrôle sur les résidus de pesticides dans les aliments d’origine végétale
  • rapport EFSA 2015: Les résidus de pesticides dans les aliments
  • plan ecophyto 2 . Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt
  • PNNS Programme national nutrition santé: actualisation des repères de consommation alimentaire, ANSES 2016